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Le blog de Souffles d'Asie

Un ancien conservateur du musée Guimet fait ses contes

23 Janvier 2013 , Rédigé par soufflesdasie Publié dans #critique de livre

 

Petit royaume deviendra… grand empire

 

Il s’agit là d’une véritable saga à laquelle nous convie José Frèches. Celle-ci se déroule au IIIe siècle av. J.-C. alors que le belliqueux empire du Qin cherche une solution à une pénurie de chevaux de guerre. Cette situation l’empêche de poursuivre ses campagnes militaires pour conquérir les royaumes voisins. A travers la présence d’un mystérieux bi de jade noir, auquel prophétie nébuleuse et vertu d’immortalité sont liées, l’auteur nous fait traverser des générations de dirigeants et intrigants de la cour de ce royaume appelé à devenir un empire. Ainsi, à l’ombre du trône, les femmes, tout comme la secrète confrérie des eunuques, ont parfois une influence déterminante sur l’avenir du pays. Des vies se croisent, des destins s’opposent, certains connaissent la gloire puis la déchéance et le déshonneur. L’amour, la liberté et la dignité humaine ont de plus en plus de mal à se frayer un passage entre dénonciations et arrestations arbitraires, discriminations religieuses et espionnage tout azimut. En effet, la montée du courant légiste conduit le pouvoir à opprimer d’avantage encore la population à travers des lois de plus en plus strictes et à un cloisonnement quasi étanche de la société Chinoise. Ainsi de Lubuwei, simple marchand de chevaux devenant par un concours de circonstances premier ministre, en passant par la belle et intrigante Huayang, ou encore Poisson d’Or le trop brillant jeune homme contraint de fuir parce qu’il a éveillé la jalousie du roi… tous subissent les affres du pouvoir comme ceux du destin. Mais heureusement… les souverains tantôt capricieux et sanguinaires à la recherche désespérée de l’immortalité ou tantôt perdus dans les plaisirs que leur confère leur position, se retrouvent eux aussi pris dans la grande toile du Dao.

 

 

Conservateur, homme d’affaires et auteur passionné par la Chine

 

image04.jpgJosé Frèches, est originaire des Landes et passe une partie de sa jeunesse à l’étranger. Il étudie l’histoire de l’art et le chinois à Aix en Provence. Son intérêt pour la culture chinoise prend sa source dès son enfance dans le célèbre et populaire « Tintin et le lotus bleu ». En 1970, à l’âge vingt ans, il se présente au concours de conservateur des musées de France auquel il est reçu premier. Il devient ainsi conservateur à la section Chine du musée Guimet puis sa carrière le conduit au Louvre, au musée de Grenoble et à l’Inspection des Musées de province. En 1978, après avoir préparé l’E.N.A., il intègre la Cour des comptes. En 1982, Jacques Chirac le nomme directeur-adjoint de la communication de la Ville de Paris mandat pendant lequel il inaugure la mise en place du câble et la vidéothèque de Paris. Puis il devient conseiller au cabinet du Premier Ministre de 1986 à 1988, affecté à tout ce qui touche l’audiovisuel et la presse. Ce poste l’amène à prendre en charge la privatisation de TF1. Il deviendra ensuite directeur de Canal+ de 1988 à 1990. Après cette expérience, il travaillera aux côtés de Pierre Fabre, président des laboratoires, de qui il apprendra beaucoup dans le domaine du négoce. De 1998 à 2000 il est président du groupe de presse Midi Libre. Aujourd’hui, il possède une galerie d’art à Gallargues-le-Montueux dans le Gard ainsi qu’une agence de communication à Paris et une entreprise d’accessoires de maroquinerie de luxe.

 

 

Un roman populaire bien documenté et ludique ou la culture chinoise à portée de tous :

 

Le parcours de l’auteur, qui se qualifie lui-même d’avantage comme un homme d’action qu’un scientifique est impressionnant de diversité. Sa motivation pour l’écriture reste modestement de « faire partager ma passion pour cette civilisation extraordinaire qui se laisse, en raison de l’obstacle de la langue, si difficilement découvrir ». Son objectif n’est donc pas de faire de la grande littérature mais de susciter la curiosité et de donner accès à la culture et à l’histoire chinoise de manière ludique. L’auteur rempli plutôt bien son engagement de ce point de vue : une sympathique rencontre avec une lectrice dans le métro finit de me convaincre que le grand public a reçu le message. Rien de surprenant quand on sait que l’auteur est un professionnel de la communication. Son style reste effectivement simple et efficace avec quelques envolées lyriques propres à faire frémir les amateurs d’eau de rose.

Cependant, même si au premier abord, on peut parfois avoir l’impression d’un prétexte à un étalage pas toujours bien senti de connaissances encyclopédiques ; on finit par oublier le plus souvent ce petit défaut. L’histoire, au long cours, est ponctuée d’événements dont l’enchaînement bien senti nous évite tout ennui. Elle est également habitée de personnages fouillés et originaux. Par ailleurs, le cadre de la société chinoise ancienne semble relativement bien rendu et documenté. Enfin, la justesse avec laquelle José Frèches dépeint les arcanes du pouvoir et ses éléments psychologiques montre qu’il a su également intégrer à son roman les éléments plus politiques de son expérience professionnelle.

 

 

Nathalie Bernard

 

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« Le disque de jade-Les chevaux célestes » (vol. 1), José Frèches, xo editions, Paris, 2002, ISBN : 2-84563-095-6, 488 p.

 

« Le disque de jade- Poisson d’or » (vol. 2), José Frèches, xo editions,

 

« Le disque de jade- Les Iles Immortelles » (vol. 3), José Frèches, xo editions,

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