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Le blog de Souffles d'Asie

Le dragon, star de l’imaginaire chinois

7 Juillet 2012 , Rédigé par soufflesdasie Publié dans #critique de livre

 dragons.jpgUne figure mythique quasi-universelle et pourtant si singulière


Le dragon peuple de nombreuses légendes depuis fort longtemps. Cet animal fabuleux, emblème de l’empereur, représente aussi pour les Chinois félicité et chance.

Le dragon chinois peut se métamorphoser en homme et a souvent pour mission de faire tomber la pluie. Il peut parfois s’éprendre d’un être humain ou lui donner sa fille en mariage. Ce dernier a toute les chances alors de connaître richesse et immortalité. Il vient au secours des hommes qui attendent la pluie pour leur récolte, ou au contraire, ces derniers se plaignent de dragons cruels ou paresseux. De nombreux contes insistent sur cette lourde responsabilité. Mais tout grandiose et puissant qu’il puisse être, il doit cependant respecter la hiérarchie céleste et accomplir convenablement son rôle. Dans le cas contraire il peut être puni de mort.

Ainsi, de légende en légende, on retrouve tous les attributs du merveilleux : de simples maisons, isolées, qui disparaissent ; des palais subaquatiques à l’entrée secrète, des richesses à profusion... Comme dans nos contes occidentaux, la vérité se pare du masque de l’illusion : de la simple maison qui est en fait celle du dragon, à la jeune bergère éplorée qui n’est autre que la fille du roi dragon, seul l’être sage, généreux et serviable connaîtra la vérité et sera récompensé pour son aide.

Un ouvrage intéressant malgré une traduction peu rigoureuse et maladroite

Une grande partie des 40 fables de « Légendes de dragons -récits chinois- » sont tirées de légendes populaires dont une part proviennent de différentes ethnies peuplant la Chine tels les Bai, les Pumi, les Hui dai etc. Ainsi ce livre laisse transparaître la diversité de la culture chinoise. En effet, la Chine est peuplée de nombreuses ethnies différentes. Cependant, si pour un occidental tous sont chinois, il en est autrement dans la réalité. Les Han représentent la majorité et dominent la société. C’est un pays très vaste et ce territoire a été conquis au fil de l’histoire en intégrant les divers peuples qui l’occupaient. La mise en valeur de ce patrimoine ethnique représente ainsi un intérêt didactique pour le lecteur occidental.

Les autres légendes ont été extraites d’ouvrages classiques. Parmi ceux-ci, on trouve deux récits du plus célèbre ouvrage de Pu Sonling (Shandong 1640-id. 1715) : le Liaozhai zhiyi (Contes fantastiques du pavillon des loisirs), écrit sous la dynastie des Qing. Dans cette catégorie on trouve encore de nombreuses fables issues du Taipingguangji (Chroniques des années de paix) ainsi qu’une légende écrite par Li Chaowei tirée de Contes de la dynastie des Tang. Puisqu’il faut bien de temps en temps faire une petite critique négative… Pour un lecteur occidental, pas nécessairement féru de littérature chinoise ancienne ni spécialiste d’histoire de la chine, aucune précision n’est donnée sur la date des textes classiques d’où sont extraits les contes ; pas plus que l’on ne trouve de commentaire sur les auteurs ou l’ouvrage dont ils sont tirés. C’est dommage, car cette nébulosité rend difficile au lecteur la compréhension du contexte et ne lui donne ni l’envie, ni l’idée de se mettre en quête des ouvrages en question. Ce manque de rigueur vient s’ajouter à l’impression de maladresse qui se dégage de la traduction.

Néanmoins, cet ouvrage reste empreint d’une relative unité malgré les multiples auteurs et traducteurs ; la raison provient peut-être du type de texte : le conte, la légende. On est d’ailleurs surpris de retrouver, peut-être le filtre de la traduction en est-il responsable, le style des contes de notre enfance : ceux des frères Grim, Charles Perrault, nos légendes populaires régionales etc.

Ces histoires sont donc, comme tous les contes et légendes, très imprégnées de la candeur et de la fraîcheur du style fantastique des contes de fées. Pourtant elles nous donnent accès à une facette de la culture chinoise, à savoir, ses croyances et ses mythes les plus profonds concernant une de ses figures les plus emblématiques.

 

Nathalie Bernard 

 

« Légendes de dragons - récits chinois- », Pékin, 1998,Ed. Littérature Chinoise, Collection Panda, 274 pages, ISBN 7-5071-0016-2/1.17

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