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Le blog de Souffles d'Asie

De l'importance de la pensée

13 Novembre 2012 , Rédigé par soufflesdasie Publié dans #tai ji quan - tai chi chuan

Je voulais partager avec vous l’enseignement que j’ai reçu… et surtout ce que j’en ai compris concernant la Pensée.

 

Je dois avouer que cela m’a pris du temps pour intégrer tout cela, je suis en chemin pour maîtriser cet animal fougueux et parfois destructeur qu’est la pensée.Tout homme aspirant à être libre et complet devrait faire ce travail. Je me suis rendue compte qu’à ce sujet personne ne en peut faire l’économie. Même l’éducation la meilleure du monde ne peut, à mon avis, dédouaner quiconque de cette quête. Cela va bien bien plus loin que ce que j’en dis dans cet article. Il est destiné au débutant et je ne voudrais pas brouiller les notions de base avec d’autres qui pourraient s’avérer troublantes ou plus difficiles encore à comprendre. Sachez juste que c’est un chemin qu’il est bon d’emprunter pas à pas et qu’il peut mener vraiment au-delà de ce que vous pouvez imaginer !!

 

« Surveille tes pensées, elle deviennent des mots. Surveille tes mots, ils deviennent des actions. Surveille tes actions elles deviennent des habitudes. Surveille tes habitudes elle deviennent ton caractère. Surveille ton caractère il devient ton destin. » Gandhi


J’aime beaucoup cette phrase de Gandhi car je la trouve très juste. Et c’est en se rendant maître de ses pensées, de ses mots et de ses actes que l’on peut reconquérir sa liberté d’être. Tous les grands maîtres spirituels ou philosophes sérieux s’accordent sur ce point.

 

Mais comme il le dit, en amont se trouve la pensée. Souvent on n’en a même plus conscience tant notre cerveau produit sans cesse des pensées toutes faites. Si on remonte le courant encore d'avantage en amont, se trouve nos croyances, notre éducation, notre vécu qui nous donnent une grille de lecture du monde et de la réalité… mais qui ne sont pas la réalité.

 

Et là commencent les problèmes ! Car ces croyances, ce vécu, le conditionnement dû à l’éducation nous donnent une vision déformée de la réalité. Et bien souvent on confond cette grille de lecture avec la réalité ! C’est ainsi que bien avant l’apparition des ordinateurs l’homme vit depuis longtemps dans la virtualité. Autrement dit il vit plus dans sa tête que dans la vraie vie ! Pas étonnant alors d’avoir une vision erronée de ce qui se passe réellement… et de répondre aux problèmes avec des solutions inadaptées ! Elles sont adaptées à notre vision, ou plutôt à notre pensée… pas au réel. Vous sentez le décalage ? Plus il est grand plus vous imaginez la dégringolade. Quand on sait cela on peut au moins accepter de « tester » ses idées/pensées pour avoir un retour de la réalité et les ajuster au fur et à mesure. Mais souvent on a du mal à accepter cet écart n’est-ce pas ? Cet écart c’est souvent l’illusion créée par la pensée. Ça n’est pas très grave tant que l'on est capable de changer, d’évoluer et de prendre en compte ce qui se passe mais bien souvent on n’accepte pas le fait que l’illusion en soit une, qu’elle soit une fausse réalité, une réalité virtuelle que l'on s’est créée.

 

Ceci étant dit, où cela mène ? Comment faire ? C’est simple : il faut Vider la poubelle

 

Vous sortez régulièrement vos poubelles n’est-ce pas ? Si vous ne le faites pas que se passe-t-il ? Je vous laisse imaginer. Alors pourquoi ne faites-vous pas la même chose avec vos pensées néfastes ? Il faut vider les poubelles de l’esprit, aérer, faire le ménage de temps en temps. Appelez-ça de l’hygiène psychique si vous voulez, c’est tout à fait ça ! Et c’est indispensable.

 

Maîtriser ses pensées c’est déjà prendre conscience du discours intérieur qui est là en amont de nos paroles et nos actes. Sur quoi je m’appuie pour dire ou faire ceci ou cela ? Qu’est-ce que je me dis ? Quelles sont mes émotions et le discours que cela induit.

 

Prenons un exemple. Si j’ai peur de l’eau (peut-être à cause de mon vécu ou de mon éducation) que vais-je me dire à moi-même face aux grandes vagues de l’Océan ? Serais-je confiant pour rentrer dans l’eau ? Probablement pas. Si au contraire je ne ressens pas de peur, cela va peut-être m’amuser, me mettre en joie d’aller à la rencontre des vagues. Si je commence à me dire « il y a peut-être des requins, des méduses et puis je peux me noyer etc. » non je ne vais probablement pas vouloir aller dans l’eau. Donc les émotions induisent des pensées et celles-ci induisent des actes ou des non actes (comme ici).

 

Mais cela va plus loin ! Si volontairement je laisse de côté la pensée des requins, des méduses et si volontairement je dis « non » à ces pensées parasites et que je fais le choix de faire confiance à mes capacités de nageur je vais pouvoir aller à l’eau et y prendre un vrai plaisir ! Bien sûr je peux prendre note de ces pensées et évaluer le risque avant de décider de leur dire non.

 

Dans cet exemple on voit que la teneur des pensées peuvent être modifiées par

  • un vécu (j’ai failli me noyer quand j’étais petit),
  • une éducation (si mes parents avaient peur ils ont pu me la transmettre),
  • une croyance (avec la chance que j’ai il y aura forcément un requin),
  • la société (l’influence des films catastrophe, de la pub etc.)
  • une émotion : ici la peur

Si les émotions influencent les pensées, cet exemple montre combien la coloration positive ou négative des pensées influence les émotions ! Si se déroule dans ma tête un vrai film catastrophe comment rester de marbre et ne pas ressentir de la peur ou de l’inquiétude ? Comment rester confiant ? Au contraire si je relativise ce « film intérieur » je peux arriver à me rassurer et passer à l’action, ne pas me priver du plaisir de la baignade en me laissant inhiber.

 

C’est donc en observant ses pensées, en faisant preuve d’attention que l’on peut, petit à petit, se rendre compte du scénario que l’on se construit. On peut ensuite reprendre en main ce qui ne nous convient pas et jeter à la poubelle les pensées négatives, les croyances limitantes qui sont à la fois comme des chaînes se resserrant de plus en plus autour de nos actions, de notre vie mais aussi comme un puissant somnifère nous empêchant de sortir de « la matrice » de cette grille dont je parlais plus haut.

 

Tout ce qui conduit à la pleine conscience peut aider à ouvrir les yeux sur tout ce processus néfaste pour nous. Certains utilisent la méditation… mais je dis attention c’est un outil qui doit être bien utilisé car on peut aussi bien dormir durant la méditation.

 

Non moi je préconise, comme certains maîtres, la pleine conscience dans l’action… comme la pratique de l'enchaînement du tai chi ou tout simplement la vie courante.

Il suffit juste de décider, plusieurs fois dans la journée (même sur quelques minutes seulement au début) d’être attentif à ce qui se passe en nous, quelles sont nos pensées liées à telle ou telle action ? Au début on ne peut pas vraiment en avoir conscience en même temps qu’elles se produisent… plutôt après. Se dire tiens pourquoi j’ai dit ou fait ça ? « Parce que je crois que… », « parce que je pense que… », « parce que l’on m’a appris que… »

 

Je dirai que l’une des étapes suivantes va être de repositiver tout ça, de couper l’herbe sous le pied de ce cercle vicieux en remplaçant volontairement les pensées négatives et limitantes par de plus positives.

 

Il va falloir également s’ancrer d’avantage dans la réalité, la Vie et préférer le filtre des sens à ceux précités. Ils ne sont pas parfaits mais ils ont l’avantage de nous faire vivre, donc apprécier, le moment présent et nous ouvre tout un champ des possibles grâce à une meilleure attention à soi comme à notre environnement. Dans ce but, renouer avec son corps et ses sensations est très important ! Le tai chi est une très bonne école pour cela même s'il en existe d'autres. La pratique de la forme permet un travail dans ce domaine. Elle est également un bon outil pour la prise de conscience de nos pensées parasites. En effet, souvent lorsqu'on a l'impression d'avoir oublié le geste suivant ou qu'on se perd... on se rend vite compte que c'est dans nos pensées que nous sommes perdus et que si on les laisse de côté on n'a en réalité rien oublié.

 

Voilà je vous ai montré le chemin je l’espère. On s’en écarte puis on y revient cela fait partie du processus d’apprentissage. N’en soyez pas inquiets, juste continuer à marcher. Cette partie du cerveau que les asiatiques appellent l'esprit singe est très bavard et il vous jouera de multiples tours en chemin. Ca n'est pas grave faites le taire et reprenez la marche. Ainsi pas après pas vous gagnerez votre liberté et pourrez contempler le chemin parcouru !

 

Nathalie Bernard

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soufflesdasie 20/11/2012 14:50

Oui et tout un cheminement aussi ! Je n'ai pas lu ce livre mais Christophe André est une bonne référence je pense. Tout comme Matthieu Ricard, Urban Daoist etc.

Artémisia 15/11/2012 14:06

Magnifique article ;)
Cela me rappelle les conseils "d'hygiène de vie" que j'avais lu (et écouté) dans ce livre :
http://www.amazon.fr/M%C3%A9diter-Jour-Apr%C3%A8s-CD-MP3/dp/2913366376/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1352984367&sr=8-1

Mais ce n'est pas si simple à pratiquer ..c'est un vrai travail !